Comments 0

2. Les opportunités du marché asiatique

Deuxième chapitre de cette étude commanditée par le Département Recherche du Hong Kong Trade Development Council auprès d’Actrium Solutions (HK). Ce document, en langue anglaise, sur la distribution et le commerce du vin à Hong Kong et en Chine est l’un des plus complets qui soit disponible gracieusement. Compte tenu de son intérêt , www.exporterduvinenasie.com a décidé de le traduire et d’en faire profiter les lecteurs qui ne parlent pas la langue de Shakespeare. Les différents chapitres seront publiés au fur et à mesure sur ce blog, restez connecté pour vous tenir informé des dernières publications.

L’importation de vin en augmentation constante.
La forte demande dans le domaine du vin représente une réelle opportunité pour les exportateurs qui souhaitent commercialiser leurs produits sur le continent asiatique. Comme vu précédemment, la valeur des vins importés en Asie (hors Japon) devrait atteindre 1,1 milliards de dollars US d’ici 2017. La Chine Continentale est le plus gros importateur en volume et l’importation de vin devrait atteindre 870 millions de dollars US d’ici 2017.

 

Le vin comme valeur d’investissement.
Les vins fins et les grands crus ont une vraie valeur d’investissement. Au cours des dernières décennies, ces investissements ont enregistré une croissance sans précédent en termes d’identification et de prix. L’accroissement du nombre d’acheteurs à la recherche de vins d’exception a entrainé une augmentation spectaculaire et jamais vue du prix des grands crus. Dans l’industrie mondiale du vin, les investissements se répartissent comme suit :

1. Primeurs proposés par les négociants.
Les primeurs ou les vins pré embouteillés sont achetés à des vignobles très anciens, généralement en barrique et à un tarif inférieur à celui du détail. La raison qui conduit à acheter les vins en primeur est évidente : l’offre est limitée sur les vignobles les plus réputés et la demande est en augmentation constante sur le marché asiatique, la production annuelle de ces vignobles étant constante, la valeur du vin de ces domaines augmente en conséquence. Pour toutes ces raisons, de nombreux investisseurs privés ou « corporate » achètent le vin dans ces conditions pour en sécuriser le prix et s’assurer de sa disponibilité.  Les négociants les plus expérimentés achètent généralement en primeur pour leur clientèle privée.

2. Fonds d’investissements proposés par des banques privées.
Les fonds d’investissement, qui concernent uniquement les grands crus et sont disponibles sur le marché global, sont également très prisés. Historiquement, ces fonds sont dirigés par des banques commerciales proposant ces investissements à une clientèle aisée au même titre que d’autres placements très spécifiques (ex : œuvres d’art …). Les gestionnaires de ces fonds utilisent leur capacité d’investissement pour acheter du vin en « vrac » et/ou en primeur, la valeur spéculative de tels produits fait que leur consommation est rarement immédiate.  De tels fonds d’investissement sont disponibles sur Hong Kong, la plupart sont contrôlés par des entreprises étrangères disposant d’un bureau local de représentation. Dans le passé, le retrait physique du vin était assujetti à d’importantes taxes, ceci était d’autant plus vrai que la structure des droits de douane était basée sur le dollar et pénalisait les vins de grande valeur. Dans ce contexte, ces fonds n’étaient pas très prisés des investisseurs généraux mais l’environnement a changé depuis la récente abolition des taxes.

3. Ventes aux enchères
Londres est à l’origine des ventes aux enchères de grands crus et la Cité est toujours la première plate forme mondiale pour le commerce du vin. Christie’s a ouvert un département spécialisé en 1966 suivi par son concurrent Sotheby’s en 1970. Les ventes aux enchères de Londres attirent les plus grands connaisseurs, propriétaires de collections inestimables, de Tokyo à San Francisco. Tandis que l’investissement dans le vin est considéré comme « exotique » en Asie, ce même marché est tout simplement énorme dans d’autres places financières telles que New York ou Londres. De fait, le marché de l’investissement croit à un rythme supérieur à celui de l’importation du vin, offre des profits et bénéfices substantiels et permet aux investisseurs de gérer leur portefeuille de manière sophistiquée.

Une très forte montée en puissance des outils d’investissement exprimés ci-dessus est inévitable avec la généralisation de tels fonds d’investissements allant de pair avec une augmentation des connaissances des investisseurs asiatiques. Par ailleurs, ce type d’investissement représente une alternative extrêmement intéressante pour une population qui souhaite gérer la croissance importante de ses actifs. Le marché asiatique de l’investissement dans le vin devrait atteindre 500 millions de dollars US en 2012 et 970 millions en 2017.

 

Le développement des activités marketing.
Compte tenu des éléments exprimés ci-dessus, de nombreuses activités marketing telles que salons, sessions de dégustation, concours et journalisme spécialisé sont amenées à se développer dans cette région du monde. Même si de nombreux évènements se font concurrence, un salon professionnel bien organisé reste la vitrine de référence pour de nombreux professionnels et permet à la ville organisatrice de renforcer sa position de plateforme mondiale.

Le Salon International des Vins et Spiritueux de Londres (LIWSF : London International Wine and Spirits Fair) est devenu l’évènement mondial de référence avec 5.000 exposants et plus de 14.000 visiteurs. Le salon « Wine For Asia » de Singapour a été crée dans le but d’attirer les négociants du monde entier et les acheteurs les plus fortunés d’Asie. Dans le futur, les métropoles qui seront à même de créer leurs plateformes marketing et évènementielles autour du vin prendront un avantage décisif.

Aujourd’hui, Londres contrôle largement le commerce international et la distribution du vin. Les britanniques ont d’ailleurs concentrés leurs efforts marketing en Asie, en effet, le poids de cette région représente entre 25 et 30 % des ventes de Londres. Compte tenu de la demande du marché, l’Asie doit établir son centre de distribution et de commerce du vin (WTDC) dans les plus brefs délais. Singapour et Hong Kong sont d’ailleurs aux coudes à coudes pour remplir ce rôle …

Source : Hong Kong Trade Development Council
Prochain chapitre : Hong Kong, future plateforme asiatique de distribution et de commerce du vin ? .

  • Share/Save/Bookmark
Comments 0

23 et 24 mars : importer du vin en Chine – mission Hong Kong par Ubifrance

Ubifrance organise cette mission de découverte dans l’objectif de « palier l’érosion de la part de marché des vins français à Hong-Kong, marché mûr caractérisé par la présence d’une multitude de fournisseurs». Il s’agira de mettre « l’accent sur l’offre française de vins en primeurs, une thématique qui devrait susciter l’intérêt des professionnels locaux ».

Source : Ubifrance

  • Share/Save/Bookmark
Comments 1

Le boom du marché du vin à Hong Kong

Hong Kong est devenu le rêve des amateurs de vin et des investisseurs depuis l’abolition des taxes et des droits de douane : mon vol de Heathrow à Hong Kong est rempli de négociants ! Depuis que la Région Administrative Spéciale de Hong Kong a procédé à cette levée des taxes, les négociants et les maisons de ventes aux enchères britanniques se précipitent pour avoir leur part du gâteau et compenser ainsi la dépression britannique par la montée en pression asiatique.

Farr Vintners et Berry Bros & Rudd ont montré le chemin en appréhendant le potentiel du marché asiatique depuis plusieurs années. Deouis, Armit, Bordeaux Index, Fine & Rare Xines et Quintessentially Wine ont suivi en établissant leurs bureaux et points de vente à Hong Kong récoltant ainsi de substantiels bénéfices avec la Chine Continentale.

Le fait que les ventes aux enchères Bonham’s, Christie’s et Sotheby’s enregistrent d’excellents résultats sur Hong Kong n’est pas non plus une surprise : on estime que 40% des grands crus vendus à Londres sont ensuite rapatriés sur Hong Kong. Organisé en un temps record pour faire suite à la levée des taxes, la première édition du Salon International du Vin de Hong Kong (Hong Kong International Wine & Spirits Fair) qui s’est tenue l’année dernière a rencontré un vif succès avec des visiteurs en provenance de 55 pays. La prochaine édition s’annonce encore plus prometteuse avec, pour la première fois à Hong Kong, la version asiatique de l’International Wine and Spirit Competition et le festival « Wine and Dine »

« L’abolition des taxes a littéralement révolutionné le marché des grands crus » déclare Jamie Graham de Fine & Rare Wines qui ouvre son premier bureau à Hong Kong dès le mois prochain. « En temps que passerelle vers le reste de l’Asie, Hong Kong est très bien positionnée pour devenir la troisième plateforme mondiale du commerce du vin derrière Londres et New York. De fait, il y a tellement de consommateurs qui découvrent et investissent dans le vin que j’imagine assez volontiers Hong Kong passer en première position dans les années à venir » 

Un aperçu rapide des boutiques dans l’aéroport confirme cette prospective. A l’inverse des marques passe-partout et autres produits douteux que l’on voit à Heathrow ou Gatwick, les boutiques de l’aéroport de Hong Kong sont remplies de grands crus tels que Le Pin 1985, Château Haut-Brion 1989 ou encore Château Petrus 1998. Ah et aussi des magnums de Château Mouton-Rotschild que vous pouvez acquérir contre 12.000 € ! « L’importation des vins a augmenté de 88 % » affirme Wendy Cheung, secrétaire assistant du Commerce et du Développement Economique … « nous sommes le premier port franc des grandes économies pour ce qui concerne l’importation du vin et nous entendons bien capitaliser dessus ! Tandis que les ventes chutent en Europe, nous estimons qu’elles vont doubler en Asie pour atteindre 17 milliards de dollars en 2012 et 27 milliards en 2017. Cette croissance s’appuiera largement sur la Chine Continentale compte tenu de sa croissance économique, de l’augmentation progressive des salaires et de changements importants dans le style de vie, tous ces facteurs ont conduit à une augmentation de 360% de l’importation de vin depuis 2005 ». 

Le vin rouge est plus populaire que le blanc, cette couleur est de bon augure dans la culture chinoise et l’on ne compte plus les recherches médicales mettant en avant les qualités du vin rouge : un élément clé pour les Chinois pour lesquels la santé est quasi obsessionnelle.

« Quand nous avons commencé, il y a 10 ans, tous nos clients étaient des expatriés » affirme Nicholas Pegna, directeur général de Berry Bros. « Aujourd’hui, l’écrasante majorité est constituée de Chinois qui investissent massivement jusqu’à plus de 1,2 M€ par an pour certains. Le vin est considéré comme quelque chose de très chic et plein d’inspiration pour ces nouveaux consommateurs qui apprennent vraiment très vite. Ils aiment également offrir des cadeaux qui sont autant de symboles de leur statut et ils peuvent vraiment se le permettre si l’on considère que Hong Kong a la plus forte concentration de Rolls Royce au monde »

Au même titre que certains négociants britanniques réputés, des entreprises telles que Watson’s Wine Cellars ou Ponti Wine Cellars commercialisent des gammes étendues de crus classés. Bien d’autres boutiques existent dans les rues secondaires et moins prestigieuses de Kowloon, les gammes qu’elles proposent semblent tout aussi alléchantes sur le papier mais les bouteilles semblent douteuses, leur provenance et les conditions de stockage prêtent le flanc à la critique. A l’inverse, les négociants réputés garantissent les conditions de stockage de leurs vins grâce à des entrepôts dont la température est parfaitement contrôlée. Crown Wine Cellars a été jusqu’à reconvertir l’ancien dépôt de munitions de Hong Kong pour l’occasion. Certains vins sont même transportés directement des grands châteaux bordelais vers Hong Kong pour être vendus aux enchères et ensuite renvoyés au Royaume Uni par l’acheteur à toutes fins de stockage !

Avec cette exportation massive vers Hong Kong, la Chine, Taïwan et la Corée, les connaisseurs britanniques vont-ils être amenés à se serrer la ceinture même sur les vins vendus en primeur ? « Pas de panique » répond Pegna «  il est vrai que l’on a jamais vu autant de Grands Bordeaux ici mais c’est plus au détriment des Etats-Unis et du Japon que du Royaume Uni … et l’augmentation du prix des primeurs est plus liée aux châteaux eux-mêmes qu’à la demande croissante du marché asiatique ».

L’Asie n’a jamais été aussi encourageante pour les amateurs, Hong Kong va même jusqu’à promouvoir le vin pour ses effets bénéfiques sur le rythme cardiaque de chacun et sur le bien être général à l’inverse du Royaume Uni qui ne cesse de communiquer sur les risques du vin pour la santé tout en augmentant les taxes à des niveaux jamais enregistrés. Je ne suis pas loin d’émigrer …

Source : Jonathan Roy – www.telegraph.co.uk

  • Share/Save/Bookmark
Comments 0

Vins et Spiritueux : le millésime 2005 bordelais sauve l’export français

La Fédération des Exportateurs de Vins et Spiritueux (FEVS) a présenté ce matin son bilan de l’année 2008, qui s’est soldée par 9,31 Milliards d’Euros d’export, confirmant le statut de second secteur exportateur excédentaire français, derrière l’aéronautique mais largement devant la Pharmacie et l’Automobile. Les vins et spiritueux représentent 89% de l’excédent agroalimentaire français. Une performance robuste mais cependant en baisse de 0,3% par rapport à 2007, et fruit d’une tendance contrastée. La Fédération a en effet noté une dégradation de la situation en fin d’année, conséquence de la crise.

Par spécialités, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Les exportateur s de vins traditionnels, dits “tranquilles”, enregistrent une croissance de 4,7% en valeur à 4,36 MdsE. Mais cette croissance est un trompe-l’oeil, puisqu’en volumes, la baisse ressort à -10,5% à 131 millions de caisses. La branche a bénéficié des expéditions des grands crus du millésime 2005 de Bordeaux qui avaient été largement valorisés, puisque 2005 avait été déclarée année exceptionnelle pour le vignoble. D’ailleurs le Bordelais est la seule région à afficher une croissance en valeur (hors vins de tables, +7% à 397 ME), sur une progression de 21,9% à 1,687 MdE. La Bourgogne voit ses exports reculer de 11,7% à 620 ME et les Côtes-du-Rhône enregistrent un reflux de 5,1% à 267 ME. Les autres vignobles sont également en baisse entre 2007 et 2008 en valeur.

Le Champagne a connu une année difficile, après les records de 2007. Il chute de 6,3% à l’exportation à 2,21 MdsE. Enfin les Spiritueux fléchissent en volume (-3,8%) et en valeur (-3,5%) à 2,55 MdsE, en particulier à cause du fléchissement du Cognac (-2%) après des années de croissance.

Même affaibli, le champion de l’export reste le Champagne, qui représente 24% de la valeur totale, devant le Cognac (18%), rattrapé en 2008 par le Bordeaux (18% également), et les vins de table et de pays (10%). Le principal client de la France à l’export demeurent les Etats-Unis (malgré une chute de 12,8% en valeur en 2008, à 1,73 MdE), devant la Grande-Bretagne (-2,7%, 1,52 MdE), l’Allemagne (+8,9% à 806 ME), la Belgique (-7,1% à 639,51 ME) et le Japon (+1%, à 476,75 ME). “Les prix moyens ont augmenté en 2008 pour la quasi totalité des catégories de vins et spiritueux, en raison du double phénomène de l’effet de change défavorable de l’Euro qui a poussé mécaniquement les prix à la hausse, mais parallèlement par la recherche continue de création de valeur à l’export, confirmant ainsi la premiumisation grandissante des marchés, malgré un contexte économique moins favorable”, commente la FEVS. Le marché asiatique confirme sont statut de “débouché incontournable” pour les exportations françaises, avec Singapour (+13,5% à 470 ME), ancré dans le top 10 et qualifié de “plaque tournante régionale”, tandis que la “Grande Chine” (Chine, Singapour, Hong Kong, Taiwan, Macao) devient globalement le 3ème débouché de la filière, avec 941 ME de ventes (+11%).

Le président de la FEVS, Claude de Jouvencel, est plutôt pessimiste pour l’année qui vient de démarrer, puisqu’il souligne “la nette dégradation de nos résultats sur le dernier trimestre 2008 ne fait que préfigurer la situation attendue en 2009″.

Source : Challenges et Finance Plus

  • Share/Save/Bookmark
Comments 0

Le potentiel du marché chinois attire un vigneron aventurier … et français.

Fred Nauleau, autrefois établi dans la vallée de la Loire, cligne des yeux face au soleil qui surplombe sa maison d’adoption au bord des sommets enneigés des montagnes Tian Shan en Chine. Il se tient parmi des bureaux et des entrepôts flambants neufs, l’environnement quotidien et cubique d’un empire viticole qu’il a aidé à bâtir en moins d’une décennie depuis ce point reclus aux limites occidentales de la Chine.

Le projet est pour le moins ambitieux dans un pays où certains habitants utilisent le terme « liqueur rouge » pour désigner une boisson qui ne leur est pas encore familière. « En 2000, la plupart de ces bâtiments n’existaient pas » déclare Nauleau, un homme de 42 ans, solide et flegmatique aux yeux bleus et brillants et à la mèche rebelle … « au début, c’était plutôt difficile ».

Les plaines fertiles de la province du Xinjiang – plus proches de la culture et de la géographie d’Istanbul que de Pékin – ont toujours attiré les spéculateurs depuis l’époque lointaine de la route de la soie. Fred Nauleau fait partie de cette nouvelle génération d’aventuriers qui parient sur le fait que ce pays peut produire un vin d’une qualité suffisante pour être reconnu dans le monde entier. Le Xinjiang, dont la surface est trois fois supérieure à celle de la France, s’étend le long du 45ème parallèle, le mythique ruban qui traverse également la région de Bordeaux, le Piémont et l’Oregon. Le climat tempéré du 45ème permet une culture étendue du tournesol, du coton, du melon et du raisin de table réputé pour sa douceur. Nauleau, est le vigneron de Vini-Suntime International, qui s’autoproclame le plus grand producteur de vin d’Asie avec plus de 100.000 km² de vignobles en Chine, six sites de production et une capacité totale d’embouteillement de 200 tonnes de vin par jour.

Une partie de ce vin est vendu depuis 2006 dans 14 états des USA sous l’étiquette China Silk et devrait être disponible dans le pays entier d’ici fin 2009 selon son président, Steve Clarke. La plupart de la production de Suntime est consommée en Chine où la bière et surtout un alcool de riz violent connu sous le non baijiu sont progressivement délaissés au profit du vin, y compris les meilleurs crus du monde. Signe de l’intérêt grandissant des collectionneurs chinois, Hong Kong a récemment aboli les taxes d’importation sur le vin et été le théâtre d’une vente aux enchères dépassant tous les records historiques. En janvier, une entreprise chinoise a acheté le Château Latour Laguens situé aux alentours de Bordeaux signant une première dans l’industrie du vin en France.

Aucun visiteur n’a attiré plus l’attention que le critique Robert Parker qui a fait sa première visite inaugurale en Chine cette année. En mai, le négociant britannique Berry Bros. & Rudd a publié un rapport qui laissait entrevoir que dans 50 ans, la Chine serait le premier producteur de vin du monde en incluant le Cabernet Sauvignon et le Chardonnay face aux offres concurrentes des français. Les 400 producteurs locaux permettent déjà de classer la nation parmi les 6 plus gros producteurs mondiaux devant le Chili et l’Afrique du Sud. Cela étant, la connaissance des marques locales telles que Dragon’s Hollow, Grace Vineyard, Great Wall, Chateau Junding, Catai et China Silk est encore très faible pour ne pas dire inexistante.

Le plus grand challenge pour ces producteurs n’est pas la quantité. « La plaisanterie commune sur les vins chinois est toujours : est-ce que vous les avez goûté avec ou sans plomb ? » déclare Jim Boyce, un canadien qui habite Pékin et administre www.grapewallofchina.com, un blog particulièrement reconnu qui traite de la production et du marché grandissant de la Chine Continentale.

De fait, la plupart des vins chinois ne conviennent pas aux palais occidentaux. « Des Bordeaux rouges très légers et pas très nets » comme le dit le critique féminin Jancis Robinson suite aux dégustations qu’elle a menées en 2002 et en 2003. Depuis lors, les vins chinois se sont améliorés timidement : les acheteurs haut de gamme se tournent vers l’étranger tandis que le reste du marché a tellement peu d’expérience qu’il se contente des produits les plus grossiers.

Source : www.kansascity.com

  • Share/Save/Bookmark
Comments 0

1. La montée en puissance du marché asiatique.

Premier chapitre de cette étude commanditée par le Département Recherche du Hong Kong Trade Development Council auprès d’Actrium Solutions (HK). Ce document, en langue anglaise, sur la distribution et le commerce du vin à Hong Kong et en Chine est l’un des plus complets qui soit disponible gracieusement. Compte tenu de son intérêt , www.exporterduvinenasie.com a décidé de le traduire et d’en faire profiter les lecteurs qui ne parlent pas la langue de Shakespeare. Les différents chapitres seront publiés au fur et à mesure sur ce blog, restez connecté pour vous tenir informé des dernières publications.

Apercu du marché asiatique
Tandis que la demande baisse en Europe et que la croissance du marché américain amorce un recul certain, la plupart des prévisions sur la consommation du vin s’accordent à déterminer l’Asie comme étant une région au fort potentiel de croissance. A l’heure actuelle, la consommation totale de vin en Asie (hors Japon) s’élève à environ 7 milliards de dollars US soit 7% de la consommation mondiale par an, 13% de la consommation de l’Europe et 40% de celle des Etats-Unis. Comme cela a été vu précédemment, la consommation du vin en Asie (hors Japon) devrait doubler et atteindre 17 milliards de dollars US en 2012 et même 27 milliards en 2017. Concrètement, la demande du marché asiatique devrait dépasser celle des Etats-Unis et représenter 20% de la consommation mondiale.

 

Ces perspectives optimistes s’appuient sur les performances économiques de l’Asie et la montée en puissance de la classe moyenne dont les revenus augmentent même si la consommation par tête reste modérée dans l’immédiat. Cette croissance est également liée au style de vie et à une réelle prise de conscience du facteur santé dans la consommation : les alcools forts sont en perte de vitesse tandis que la nouvelle génération, sensible aux codes occidentaux, trouve le vin plus agréable au palais et plus « branché » que les autres alcools. En Chine Continentale, le gouvernement va même jusqu’à encourager la consommation de vin en lieu et place d’alcools de riz pour préserver les ressources d’alimentation face à une population croissante.

Le Japon, qui représente à lui seul 780 millions de dollars US en 2006, reste le plus grand marché d’importation en Asie. Cependant, ce marché est maintenant arrivé à maturité et son taux de croissance est négligeable par voie de fait. Le pouvoir d’attraction du Japon est limité pour les négociants et les exportateurs internationaux compte tenu du caractère introspectif du marché japonais associé à un réseau de distribution particulièrement difficile à pénétrer.

La consommation du vin en Inde devrait enregistrer une croissance de 150% dans les cinq prochaines années mais la politique protectionniste actuellement en place ne permet pas de réaliser des affaires significatives dans l’immédiat. Les droits d’importation fédéraux de 150% pour les spiritueux et de 100% sur les vins combinés aux taxes additionnelles engendrent une augmentation du prix qui se situe entre 177% et 540% selon le produit considéré. Le ratio des vins importés est donc inférieur au quart de la consommation totale.

La Corée du Sud est également une région en pleine croissance avec un taux estimé à 70% pour les cinq prochaines années. Néanmoins, le vin représente encore un faible pourcentage dans la consommation de boissons alcoolisés : 0,3% seulement même si la croissance consolidée a progressé de 29,5 % en volume et 33 % en valeur au cours des cinq dernières années.

Singapour a connu une croissance de 22,5% des vins importés avec un taux de réexportation de l’ordre de 16% en 2005. Cette ville a acquis une certaine réputation en tant que plate forme logistique de l’industrie du vin grâce à différents efforts concertés avec le gouvernement et différentes institutions locales. La part la plus importante de la réexportation se fait vers l’Indonésie et la Malaisie.

En tant que région rattachée à la Chine, le marché domestique de Hong Kong a enregistré une progression de 10% en valeur et 13% en valeur de 2000 à 2006. La valeur des importations a atteint une croissance consolidée de 22% entre 2003 et 2006.

La Chine Continentale ou l’ascension du Dragon.
La Chine Continentale représente le plus gros potential de croissance que ce soit en termes de valeur ou de volume. D’après un expert qui est également un négociant, ce marché est beaucoup plus important que n’importe quel autre pays (Japon, Inde …) compte tenu des nombreuses associations qui peuvent être faites avec la cuisine chinoise et du fait que les Chinois sont réputés pour la finesse de leur palais. Avec l’augmentation progressive des revenus de la classe moyenne et l’intégration de la culture occidentale, la demande de vins fins va inévitablement augmenter.

Aujourd’hui, les marques locales comptent pour la plus grande part de la consommation et les produits importés ne représentent que 3 à 5% de part de marché. Cet état de fait s’explique par un prix avantageux et par la qualité des vins locaux qui va en progressant grâce à la participation de certains investisseurs étrangers. D’autres facteurs tels que la contrefaçon de produits étrangers et le manque de transparence dans la structure des taxes ne favorisent pas la tâche des importateurs sur le marché de la Chine Continentale. En dépit de tous ces inconvénients, l’importation des vins a connu une progression spectaculaire dans les années 2000 après que les droits de douane aient été réduits à 14% en 2004 suite à l’adhésion de la Chine à l’OMC.

L’importation du vin produit du raisin (en bouteille < 2 litres) a atteint la valeur record de 184 millions de dollars US en 2007 contre 77 millions en 2006 après une croissance consolidée de 39% entre 2000 et 2005.

La réduction des taxes d’importation à 14% et la croissance de l’économie chinoise permet d’envisager une croissance à deux chiffres des importations au moins jusqu’à l’exposition universelle de Shanghai en 2010.

Les analystes du marché estiment qu’il y a environ 800 à 1.000 importateurs de vins sur la Chine Continentale dont 30 à 50 comptent parmi les plus importants. Les distributeurs régionaux de second rang sont estimés à 10.000 environ. Les importateurs les mieux implantés comptent plus de 100 marques dans leur portefeuille de 10 pays différents, leur réseau de distribution couvrant les villes les plus importantes du pays.

Source : Hong Kong Trade Development Council
Prochain chapitre : Les opportunités du marché asiatique.

  • Share/Save/Bookmark
Comments 0

Une école du vin à Shanghaï

Une nouvelle école du vin, la première du genre en Chine, devrait ouvrir ses portes au début de l’année 2009 à Shanghaï.

Elle prendra place au quatrième étage de la Cité du Vin qui abrite déjà des restaurants gastronomiques, des boutiques de ventes, un club cigare, des lieux d’accueil pour VIP et d’exposition de bouteilles de grands crus. L’école du vin doit beaucoup à Mme Jia Peng, journaliste chinoise francophile, spécialisée dans le vin et le tourisme. Elle occupera 500 mètres carrés et comprendra trois salles de cours, des salles d’expositions et de réunions. Les vins français, les champagnes et les cognacs y occuperont une place prépondérante. Le but de cette école est de proposer à une clientèle d’amateurs grandissante des bases de connaissances et un apprentissage de la dégustation, nécessaires pour apprécier les grands crus.

La Chine représente aujourd’hui la plus forte progression de la planète en matière de consommation du vin. Elle serait de +34%, quand elle ne dépasse pas +5% en moyenne dans le reste du monde. Avec 200 millions de consommateurs potentiels, ce grand pays est aussi un réservoir considérable pour le vin, et l’école de Shanghaï, à laquelle s’intéressent plusieurs opérateurs français, tombe à pic pour faire connaître le vin à une nouvelle population d’amateurs.

Ce n’est pas un hasard si Shanghaï prépare aussi la tenue d’un SIAL, Salon International de l’Alimentation pour le mois de mai 2009. Et si douze distributeurs chinois sont attendus dans les vignobles de la Gascogne ces jours-ci. Ils représentent un groupe important d’importations de vins pour le sud de la Chine. Ils s’intéresseront particulièrement aux installations du Groupe Plaimont, et à l’acquisition de vins de pays du Condomois, et aux vins rouges de Madiran.

Source :

  • Share/Save/Bookmark