2. Les opportunités du marché asiatique
Deuxième chapitre de cette étude commanditée par le Département Recherche du Hong Kong Trade Development Council auprès d’Actrium Solutions (HK). Ce document, en langue anglaise, sur la distribution et le commerce du vin à Hong Kong et en Chine est l’un des plus complets qui soit disponible gracieusement. Compte tenu de son intérêt , www.exporterduvinenasie.com a décidé de le traduire et d’en faire profiter les lecteurs qui ne parlent pas la langue de Shakespeare. Les différents chapitres seront publiés au fur et à mesure sur ce blog, restez connecté pour vous tenir informé des dernières publications.
L’importation de vin en augmentation constante.
La forte demande dans le domaine du vin représente une réelle opportunité pour les exportateurs qui souhaitent commercialiser leurs produits sur le continent asiatique. Comme vu précédemment, la valeur des vins importés en Asie (hors Japon) devrait atteindre 1,1 milliards de dollars US d’ici 2017. La Chine Continentale est le plus gros importateur en volume et l’importation de vin devrait atteindre 870 millions de dollars US d’ici 2017.
Le vin comme valeur d’investissement.
Les vins fins et les grands crus ont une vraie valeur d’investissement. Au cours des dernières décennies, ces investissements ont enregistré une croissance sans précédent en termes d’identification et de prix. L’accroissement du nombre d’acheteurs à la recherche de vins d’exception a entrainé une augmentation spectaculaire et jamais vue du prix des grands crus. Dans l’industrie mondiale du vin, les investissements se répartissent comme suit :
1. Primeurs proposés par les négociants.
Les primeurs ou les vins pré embouteillés sont achetés à des vignobles très anciens, généralement en barrique et à un tarif inférieur à celui du détail. La raison qui conduit à acheter les vins en primeur est évidente : l’offre est limitée sur les vignobles les plus réputés et la demande est en augmentation constante sur le marché asiatique, la production annuelle de ces vignobles étant constante, la valeur du vin de ces domaines augmente en conséquence. Pour toutes ces raisons, de nombreux investisseurs privés ou « corporate » achètent le vin dans ces conditions pour en sécuriser le prix et s’assurer de sa disponibilité. Les négociants les plus expérimentés achètent généralement en primeur pour leur clientèle privée.
2. Fonds d’investissements proposés par des banques privées.
Les fonds d’investissement, qui concernent uniquement les grands crus et sont disponibles sur le marché global, sont également très prisés. Historiquement, ces fonds sont dirigés par des banques commerciales proposant ces investissements à une clientèle aisée au même titre que d’autres placements très spécifiques (ex : œuvres d’art …). Les gestionnaires de ces fonds utilisent leur capacité d’investissement pour acheter du vin en « vrac » et/ou en primeur, la valeur spéculative de tels produits fait que leur consommation est rarement immédiate. De tels fonds d’investissement sont disponibles sur Hong Kong, la plupart sont contrôlés par des entreprises étrangères disposant d’un bureau local de représentation. Dans le passé, le retrait physique du vin était assujetti à d’importantes taxes, ceci était d’autant plus vrai que la structure des droits de douane était basée sur le dollar et pénalisait les vins de grande valeur. Dans ce contexte, ces fonds n’étaient pas très prisés des investisseurs généraux mais l’environnement a changé depuis la récente abolition des taxes.
3. Ventes aux enchères
Londres est à l’origine des ventes aux enchères de grands crus et la Cité est toujours la première plate forme mondiale pour le commerce du vin. Christie’s a ouvert un département spécialisé en 1966 suivi par son concurrent Sotheby’s en 1970. Les ventes aux enchères de Londres attirent les plus grands connaisseurs, propriétaires de collections inestimables, de Tokyo à San Francisco. Tandis que l’investissement dans le vin est considéré comme « exotique » en Asie, ce même marché est tout simplement énorme dans d’autres places financières telles que New York ou Londres. De fait, le marché de l’investissement croit à un rythme supérieur à celui de l’importation du vin, offre des profits et bénéfices substantiels et permet aux investisseurs de gérer leur portefeuille de manière sophistiquée.
Une très forte montée en puissance des outils d’investissement exprimés ci-dessus est inévitable avec la généralisation de tels fonds d’investissements allant de pair avec une augmentation des connaissances des investisseurs asiatiques. Par ailleurs, ce type d’investissement représente une alternative extrêmement intéressante pour une population qui souhaite gérer la croissance importante de ses actifs. Le marché asiatique de l’investissement dans le vin devrait atteindre 500 millions de dollars US en 2012 et 970 millions en 2017.
Le développement des activités marketing.
Compte tenu des éléments exprimés ci-dessus, de nombreuses activités marketing telles que salons, sessions de dégustation, concours et journalisme spécialisé sont amenées à se développer dans cette région du monde. Même si de nombreux évènements se font concurrence, un salon professionnel bien organisé reste la vitrine de référence pour de nombreux professionnels et permet à la ville organisatrice de renforcer sa position de plateforme mondiale.
Le Salon International des Vins et Spiritueux de Londres (LIWSF : London International Wine and Spirits Fair) est devenu l’évènement mondial de référence avec 5.000 exposants et plus de 14.000 visiteurs. Le salon « Wine For Asia » de Singapour a été crée dans le but d’attirer les négociants du monde entier et les acheteurs les plus fortunés d’Asie. Dans le futur, les métropoles qui seront à même de créer leurs plateformes marketing et évènementielles autour du vin prendront un avantage décisif.
Aujourd’hui, Londres contrôle largement le commerce international et la distribution du vin. Les britanniques ont d’ailleurs concentrés leurs efforts marketing en Asie, en effet, le poids de cette région représente entre 25 et 30 % des ventes de Londres. Compte tenu de la demande du marché, l’Asie doit établir son centre de distribution et de commerce du vin (WTDC) dans les plus brefs délais. Singapour et Hong Kong sont d’ailleurs aux coudes à coudes pour remplir ce rôle …
Source : Hong Kong Trade Development Council
Prochain chapitre : Hong Kong, future plateforme asiatique de distribution et de commerce du vin ? .

Au même titre que certains négociants britanniques réputés, des entreprises telles que Watson’s Wine Cellars ou Ponti Wine Cellars commercialisent des gammes étendues de crus classés. Bien d’autres boutiques existent dans les rues secondaires et moins prestigieuses de Kowloon, les gammes qu’elles proposent semblent tout aussi alléchantes sur le papier mais les bouteilles semblent douteuses, leur provenance et les conditions de stockage prêtent le flanc à la critique. A l’inverse, les négociants réputés garantissent les conditions de stockage de leurs vins grâce à des entrepôts dont la température est parfaitement contrôlée. Crown Wine Cellars a été jusqu’à reconvertir l’ancien dépôt de munitions de Hong Kong pour l’occasion. Certains vins sont même transportés directement des grands châteaux bordelais vers Hong Kong pour être vendus aux enchères et ensuite renvoyés au Royaume Uni par l’acheteur à toutes fins de stockage !


